9 octobre 2016
les noaillaux
un film kaléidoscopique • de Jean-François Comminges sur le quartier de Noailles
Plus d'infosIl y a quelque chose d’immédiatement généreux, drôle et foisonnant dans ce cinéma qui joue à déconstruire, précisément le cinéma, et invite à en être. Œuvre participative, Les Noaillaux fait le portrait de ce quartier du cœur de Marseille, et cherche la parole commune de ce petit monde au gré de déambulations et des rencontres.
Noailles, si on considère sa géographie dans la ville, le caractère extrêmement nourricier de son activité, c’est le ventre de Marseille. Au cœur de cet îlot intemporel, j’ai monté mon studio de cinéma de quartier. Y sont venus jouer, des adolescents, la peintre Zeynep Perincek, Doudou le patron du restaurant sénégalais, Mame Diara, Sylvie de Tamky, le couturier de Saloum Couture, Mme Bey, Mima, Dalila Ouanes, AliBaba l’épicier marabout, Chelal la coiffeuse…, autant de figures populaires et agissantes. Puis, dans une mise en abîme de nos rencontres, de nos discussions, de nos balades, nous avons laissé vivre la comédie !
Jean-François Comminges
Cherchant dans des palabres ininterrompus je ne sais quelle vérité humaine, nous nous parlons maintenant comme si nous étions des intimes. Nos accents se répondent, nos yeux ne se cachent rien, les blagues se mêlent aux confessions…
Cette année, j’ai 47 ans. Age auquel ma mère décéda. J’avais alors 15 ans. J’étais alors un de ces jeunes rencontrés dans le quartier. Je me suis d’ailleurs souvent dit que je n’ai jamais dépassé cet âge. Eternel adolescent. Prompt à la blague. Pas vraiment armé pour les grandes décisions. Préférant toujours la discussion, l’arrangement, à la règle. Toujours rétif à l’autorité. Préférant la fugue à la guerre, les voyages au combat…
Arriver, ou y arriver. Parvenir à restituer par mon cinéma juvénile, un peu de l’humanité de ceux que j’aime particulièrement ici et que j’ai choisi : les noaillaux !… Comme une famille précieusement recomposée.