21 mars 2026 • 15:00
ce que j’appelle oubli
lecture performée • d’Abdelkarim Douima, mise en scène par Michel André
Plus d'infoset ce que le procureur a dit, c’est qu’un homme ne doit pas mourir pour si peu […].
Dans notre époque saturée de vitesse et de flux, l’oubli est partout : il ronge les marges de nos journées comme celles de notre mémoire collective.
Le texte de Laurent Mauvignier porte, dans son rythme tendu et sa prose brûlante, ce scandale de l’oubli : l’effacement d’une existence ordinaire, broyée sans bruit dans l’indifférence d’un lieu public. Avec une économie de mots, une justesse rare, il raconte non seulement une histoire vraie – celle d’un homme oublié de tous·tes, tué pour un vol dérisoire – mais également notre impuissance sociale à nous souvenir, à rendre justice par la mémoire.
Lire Ce que j’appelle oubli à voix haute, en public, est nécessaire. Non pour souligner le drame, mais pour en laisser entendre la surdité, pour laisser à la langue la possibilité de traverser le silence.
Faire découvrir ce texte aujourd’hui, c’est ouvrir un débat essentiel sur la valeur de chaque vie, sur la violence banalisée, sur l’obligation de nommer et de transmettre ce qui aurait pu, ce qui aurait dû rester dans la mémoire commune. C’est inventer ensemble un espace de veille, de parole, et de poésie farouchement fidèle à la mémoire de celles et ceux que l’époque voudrait souvent effacer. C’est, enfin, par la grâce de la littérature, rendre à chacun·e sa dignité dans la lumière – même brève – d’une attention partagée. Michel André